Si un éditeur vous convoque dans ses bureaux, ne signez jamais sur place. S’il insiste lourdement, vous fait du chantage, refuse de "laisser sortir" son contrat: attention danger! Demandez quelques jours de réflexion. Profitez alors de ce délai pour prendre conseil auprès d’un avocat spécialiste du droit d’auteur ou d’un syndicat d’écrivains, histoire de ne pas signer n’importe quoi.
Lors de la rencontre avec un éditeur ou son directeur littéraire, restez pratique. Parlez contrat, marché potentiel, plan de lancement, pourcentage des droits d’auteurs, montant de l’à-valoir, date de parution, prix public envisagé, moyens de diffusion, promotion, etc. Abordez aussi les résultats passés: meilleures ventes, ventes moyennes dans la catégorie du livre, vend-t-il les droits annexes à des tiers, à l’étranger, a-t-il les moyens d’exploiter ou de rechercher des tiers pour exploiter les droits audiovisuels, etc. Mais n’abordez surtout pas des questions purement littéraires, sauf si l’éditeur évoque des corrections ou améliorations à apporter au texte et qui sont, selon lui, un préalable au contrat définitif. Si un éditeur vous expédie un contrat par la poste, prenez également conseil. Dans tous les cas de figures, il est conseillé d’ouvrir une chemise au nom de l’éditeur et d’y glissez tous les doubles des courriers et contrats que vous échangerez. Faites systématiquement un double de vos courriers et confirmez par courrier toute promesse verbale qui vous semble importante, ainsi que tout élément qui viendra en retrait ou en apport des termes du contrat que vous avez signé. De même vérifiez que tout ce qu’il vous dit se trouve sur le contrat.
N’hésitez pas à vous renseigner auprès de professionnels. Si des libraires se plaignent d’une maison d’édition, méfiez-vous. De même, et j’insister, commander un ou deux livres de la maison d’édition et prenez un catalogue. Puis analysez le travail réalisé par l’éditeur (Les corrections ont-elles été effectués avec soin? La couverture et le dos de couverture sont-ils accrocheurs?)
Enfin méfiez vous des éditeurs qui demandent massivement des manuscrits par voie de presse ou dans des salons. L’offre de manuscrits est beaucoup plus importante que la demande et donc ils ne devraient pas avoir à en demander. Si une maison cherche plus à attirer les écrivains (surtout débutants) qu’à attirer les lecteurs, méfiez vous, il y a sûrement anguille sous roche.
En règle général, je déconseille à un auteur débutant de verser une quelconque somme d’argent à un éditeur (et donc le compte auteur).